Mar 30 2014

Tariq Krim a rendu son rapport sur les talents à Fleur Pellerin la semaine dernière.

La "liste" était attendue comme le loup blanc depuis le billet de Tariq la french touch du code et après les critiques qui ont fusées sur la pertinence d'une telle liste et les méthodes de selection qui seraient utilisées.

J'ai l'honneur d'avoir été inclus dans cette liste avec nombre d'autres libristes et entrepreneurs / développeurs et de voir à travers cela XWiki reconnu d'une nouvelle façon.
Il est important de noter que je connais Tariq Krim depuis qu'il a créé NetVibes et que nos sociétés se sont retrouvées voisines à l'incubateur de Telecom Paris en 2005.
A cette époque nous avons échangés sur le Web 2.0 et notre connaissances commune de la Bulle Internet 1.0 vu de mon côté d'une startup et lui de journaliste, sur Linux, l'Open Source et les services Web.

Peut-être que je ne serais pas dans cette liste sans cela, mais je suis cependant fier de voir que moi-même et le projet Libre XWiki puisse l'avoir marqué.
Le Libre a d'ailleurs une belle place dans cette liste et je ne peux que féliciter Tariq pour cette part donnée au logiciel libre. 

Il est bien évident que beaucoup de personnes bien plus méritantes que moi n'y sont pas car moins visibles pour Tariq, à commencer par Vincent Massol, le CTO d'XWiki, contributeur Open Source avant XWiki, ayant contribué à Maven et ayant crée Cargo et Cactus, auteur de livres sur Maven et JUnit,
bien plus développeur que moi qui après avoir crée XWiki passe plus de temps à le faire connaître ou à aider les entreprises à l'utiliser, même si ma passion du code est toujours la et je suis un des développeurs les plus actifs sur les extensions (Applications, XWiki Mobile, etc..).

C'est forcement difficile de faire une liste, car automatiquement elle va être biaisée, liée au moins partiellement aux réseaux de ceux qui participent à la construire.

Mais le projet de Tariq est un beau projet. Il s'agit de mettre en avant "DES" développeurs pour montrer que TOUS les développeurs français ont du talent et que ce talent n'est pas forcement reconnu à sa juste mesure.
Il s'agit de donner envie aux développeurs d'oser encore plus. Il s'agit de faire reconnaître au management des entreprises (quand il n'est pas technique) le rôle primordial de la technologie dans leurs entreprises qu'elles soient technologiques ou non.

Tellement peu d'entreprises ont une personne qui maîtrise mieux la technologie que le business, la parole ou le management dans son comité de direction. Peu de startups technologiques en France sont dirigés par des techniciens, alors que l'ont voit des leaders mondiaux aux USA ayant comme dirigeant le créateur technique. Parfois même c'est un geek boutonneux.

Dans mon parcours, j'ai pu voir la perception française. Mon ancien dirigeant avait un jour dit en comité de direction "la technologie c'est du back-office", ce qui lui avait assuré le "très large soutien" de l'équipe technique qui bossait 12 heures par jour. Lorsque j'ai rencontré des business angels et investisseurs, la question numéro 1 qui ressortait tout le temps était "qui sont vos co-fondateurs 'business' ?", alors que justement un des objectifs primordiaux d'une levée de font était de pouvoir recruter les équipes commerciales et marketing. En final nous avons préféré rester une entreprise indépendante.

Nous avons besoin en France que le fondateur technologique de l'entreprise soit mieux reconnu et qu'on lui donne plus de poids. Il ne doit pas être immédiatement sous la pression de ses investisseurs ou du marché pour laisse la place à un dirigeant plus "business". Bien sûr il doit être entouré et formé.

Ben Horowith (de Andreesen-Horowitz, un fond dirigé par des techniciens, anciens de Netscape, avec un track record impressionnant en très peu de temps), parle de ce sujet dans son post "Why We Prefer Founding CEOs".

Je citerais en particulier

"Our experience shows—and the data supports—that teaching a founding CEO how to maximize the product cycle is easier than teaching the professional CEO how to find the new product cycle."

En gros, mettez un "CEO professionnel" et l'entreprise sera bonne à vendre, laissez le "CEO fondateur" et vous aurez peut-être un leader mondial et peut-être qu'il le restera.

Et puis si vous vous êtes planté et vous avez viré le CEO fondateur, et que la boîte se casse la gueule, vous pouvez toujours essayer de le récupérer après 10 ans et peut être que la boîte pourra passer de 7 Mds$ à 150 Mds$ (Apple, Steve Jobs).

Si nous voulons aller plus loin que vendre nos sociétés de technologies aux leaders américains, donnons les clés aux visionnaires produits et technologiques, entourons les de compétences complémentaires, accompagnons les pour les aider à développer leurs entreprises.

Au passage il faudra aussi que ces entreprises puissent lever plus d'argent sans donner le contrôle aux investisseurs, sinon le résultat sera le même.

L'initiative de Tariq est donc très bonne. En montrant les développeurs et leurs succès, parfois comme salariés de sociétés US, il indique aux investisseurs, clients, décideurs et politiques de ne pas sous-estimer le potentiel d'un développeur visionnaire, même s'il n'a pas de cravatte et n'a pas fait HEC.  Il les encourage à réflechir à comment exploiter ce potentiel. Il indique aux développeurs d'avoir confiance en eux et de se lancer dans la création d'entreprise. 

Forcement dans la liste, il manque plein de développeurs. Pour cela il y a des solutions. Il suffit de faire sa propre liste et de la publier.

La mienne encore plus subjective car faite en écrivant cet article la voici (Il ne s'agit pas forcement d'une liste "top 100" mais juste des gens que j'ai croisés et qui m'ont marqués):

Edwin Khodabackchian, Netscape, Collaxa et maintenant Feedly
Marc Fleury, créateur de JBoss (listé dans le rapport de Tariq, mais oublié dans la liste)
Sacha Labourey (Franco-Suisse), JBoss, Cloudbees
Guillaume Laforge, Grovvy, SpringSource
Vincent Massol, CTO XWiki
Emmanuel Bernard, RedHat, Hibernate
François Bourdoncle et Patrice Bertin qui ont crée Exalead (et que j'ai eu comme enseignant à Polytechnique)
Nicolas Pioch, créateur du WebMuseum (un des premiers sites internet culturels en France), Netscape

Nicolas Pioch par exemple, avec qui j'étais déjà en classes préparatoires à Louis Le Grand, puis co-délégués informatiques à Polytechnique, puis collègues chez Netscape, déjà connu à l'époque comme "petit genie informatique" impressionnait tout le monde par sa connaissance des technologies. A Télécom-Paris il créa le "WebLouvre" qui fut un succès mondial fulgurant, auquel la réponse du Louvre à l'époque fut d'envoyer un lettre de non respect de sa marque à l'école. Jamais la France n'a su réellement tirer profit de ses capacités et de sa compréhension de la technologie. C'est grâce à lui que j'ai connu IRC, Gopher, Mosaic, Netscape et montré ce qu'on pouvait faire avec Internet. 

Côté Open Source, je vous invite aussi à consulter la liste des membres de l'OSS GTP (Open Source Get Together Paris), listant 76 développeurs du Libre contribuants à des projets significatifs (dont beaucoup dans le monde Java).

Je suis heureux de voir aussi dans la liste des personnes que je croise depuis des années:

Samuel Tardieu, Urbi, avec qui nous co-gérions le site des élèves de Télécom Paris.
Akim Demaille, Urbi, collègue de promo.
Patrick Chanezon, cotoyé chez Netscape.
Benjamin Mestrallet, eXo, avec qui nous avons codé alors que nos entreprises étaient encore de toutes petites pousses
Jean-Marc Loingtier, que j'avais rencontré lorsqu'il écrivait Milking the GNU
Paul Rouget, de Mozilla
Loic Dachary, Fondateur de la FSF France
Stéfane Fermigier, fondateur de Nuxeo et Abilian
Jean-Paul Smets, fondateur de Nexedi
Cedric Carbonne, co-fondateur de Talend
Charles Souillard, co-fondateur de BonitaSoft avec Miguel Valdés-Faura
Daniel Glazman, ancien de Netscape (mais pas ensemble), créateur de BlueGriffon, co-chair du groupe CSS du W3C

Sur le rapport lui-même, voici ce que je peux en dire:

Il manque de Femmes. Je ne sais pas si c'est la faut de Tariq qui n'a pas assez chercher ou juste le problème structurel de l'informatique en France ou il y a peu de femmes. Malheureusement j'ai peur que ce soit d'abord la seconde raison. Dans notre groupe OSSGTP il y a une seule femme et chez XWiki, installé en France et en Roumanie, nous avons des femmes développeuses et elles sont très douées, mais elles sont toutes Roumaines.
Si on fait de la "discrimination positive" pour valoriser les développeurs, profitons-en aussi pour valoriser les développeuses. Il y a une liste en création. Il faut en faire de la publicité et encourager les femmes à participer à notre métier.

Sur les propositions

1. Prendre en compte le rôle essentiel des développeurs

+1 évidement.

2. Une feuille de route technologique pour l’État, les ministères et les opérateurs publics, incluant faire un Github français.

Déjà un rôle de CTO de l'Etat pourrait avoir un effet significatif sur les finances de l'état, en permettant l'achat groupé et la réutilisation du code.
Un Github français est sûrement un bonne idée, mais nous sommes beaucoup à avoir des doutes sur le succès. Il y a déjà la forge de l'addulact (http://adullact.net/).y a aussi le SILL (Socle interministériel de logiciels libres).

Il faut surtout se poser le problème de la gouvernance des projets libres portés par l'administration, quand ceux-ci sont développés par des sociétés de services, dont l'objectif est de vendre des jours de travail.
Pour moi hormis le mode du GIE qui "peut" fonctionner si la gouvernance est effectivement portée par le GIE et qu'ensuite un investissement est réalisé conjointement par les différents membres, dans la plupart des cas, s'il n'y a pas de sociétés privés avec des développeurs impliqués dans le produit lui même, le projet à de forte chance de péricliter et surtout ne trouvera pas de nouveaux marchés.
Il faut espérer en final qu'au moins ces projets permettrons des contributions significatives aux projets libres sur lesquels ils sont construits.

Le vrai challenge du CTO de l'Etat, très bonne proposition par ailleurs, il est la: choisir les technologies, produits et fournisseurs, qui soient d'un côté le meilleur choix technologique et financier du moment, et d'un autre côté un choix d'avenir avec une technologie perenne, qui va se développer et pourra être réutilisée par d'autres acteurs publics et privés.
Tout ça en assurant une diversité car il ne faut pas que l'achat public devienne un "choix unique" comme peut l'être les choix informatiques dans certains groupes du CAC40, qui justement ferment largement la porte aux solutions de startups.

Pas facile, mais oui il faut le faire.

3. Promouvoir les développeurs dans l’administration

Sur ce point je suis plus reservé. Oui il faut promouvoir les développeurs, en même temps il faut aussi favoriser l'emergences d'entreprises faisant des produits (open source ou non) qui puissent être utilisés par l'administration et par le privé. Il ne faut pas que l'équipe de développeurs internes se positionne en concurrente de possibles fournisseurs externes.

Chez XWiki nous vivons cela régulièrement ou des organisations d'Etat (pas toutes bien sûr) en final se tournent vers leurs développeurs internes ou de SSII (dont l'état achète les services en masse) qui maîtrisent des technologies particulières, pour réaliser des projets.

C'est bien d'un côté car la concurrence est une bonne chose pour pousser les acteurs à être meilleurs, mais parfois le choix est dirigé d'abord par la compétence technique de l'équipe interne ou même l'intérêt personnel de l'équipe interne.

Ceci peut permettre des contributions à des solutions libres et tant mieux, mais en même temps ralentis l'emergence d'acteurs plus important libre ou non.

Le rôle du CTO de l'Etat proposé par Tariq est alors primordial pour équilibrer le choix entre achat public et développement interne.

4. Adapter les conditions d’investissement pour soutenir les projets technologiques

La France est un pays plutôt accueillant pour créer des entreprises de technologies. Si les charges restent élevées comparativement à d'autres pays, il existe des aides importantes qui compensent largement cet aspect
Les systèmes JEI, CIR, les aides de la BPI, les projets de recherches collaboratifs sont autant de mécanismes très puissant pour démarrer. 

Par contre la France à des faiblesses importantes:

- l'éco-système des startups est en Silicon Valley. Il est difficile de faire connaître un projet au niveau mondial sans le faire EN silicon valley. Business Angels, Media Technologiques, partenaraits stratégiques, tout ce passe la bas. C'est une raison fondamentale pourquoi j'ai pour XWiki choisit le libre (avec les avantages et désavantages que cela comporte), car il me semblait illusoire de combattre à armes égales avec les mêmes méthodes.
- aucun investisseur français ne met actuellement sur la table l'argent nécessaire à capter les utilisateurs avant de commencer à faire du revenu. Tariq Krim en sait quelque chose avec NetVibes. Des acteurs comme Twitter et Facebook on fait des levés de 250M$ sans revenus à mettre en face.
- il n'y a quasiment pas d'acheteurs français pour les startups technologiques (voir Dailymotion ou Business Objects). La seule entreprise de taille dans le numérique est Dassault Systèmes mais spécialisé dans un marché grande entreprise et production. Elle a cependant racheté Exalead et NetVibes, mais il reste à voir si cela va continuer et si ce sera payant. Talend pourrait devenir un acteur majeur en Open Source qui pourrait féderer d'autres startups, mais Talend pourrait aussi à tout moment être racheté par un leader américain.

La proposition de Tariq se focalise sur le financement des modèles disruptifs. Très bien, mais les autres faiblesses risquent de rattraper ceux qui prennent le risque de s'y lancer. D'autre part, le risque de voir les acteurs "vendus" à des leaders américains sont importants.

Il faut donc aussi se poser la question comment permettre de garder ces entreprises en France. Le FSI de la BPI est un outil intéressant de ce point de vue.

Une vraie politique industrielle sera d'analyser pour chaque secteur quel acteur le plus fort pourrait être un leader permettant des sorties en France et de la soutenir pour lui permettre de se positionner sur les pépites avant que celles-ci disparaissent à l'étranger.

Chez XWiki, nous avons fait le choix de rester indépendants, parce que nous ne voulions pas être poussé à la vente et voulions garder le choix de se développer progressivement. Or la plupart des investisseurs dans la technologie cherchent la sortie à 5-7 ans.

J'aimerais voir des mécanismes qui encouragent l'investissement long-term et voir l'état se positionner sur ce type d'investissements. Le seul modèle n'est pas le modèle du serial entrepreneur.

Par exemple la dernière loi autorisant le crowd-funding jusqu'à 1 million d'Euros va dans le bon sens. Chez XWiki ce modèle de financement nous intéresse. 

5. Formation des développeurs

L'état c'est positionné assez tardivement sur le domaine de la formation de développeurs. Pendant longtemps elle a préférée former des ingénieurs, et laissait de côté l'aspect pratique.
D'ailleurs le fait que dans la liste de Tariq, Epitech, jeune école crée en 1999, a autant de personnes listés que l'Ecole Polytechnique et plus que Centrale Paris est un signe d'un "temps de retard".
Je ne peux juger que pour mon époque, mais il est clair qu'en 1990 il fallait s'auto-motiver pour aller vers les nouvelles technologies, que ce soit le net ou la programmation Windows, qui n'était pas du tout enseignée.
L'approche d'écoles comme l'Epitech ou 42 basée sur une large part laissée aux projets, correspond plus à un métier en mutation rapide ou les technologies sont remplacés très rapidement.
Il y a des progrès dans la prise en compte de l'entreprenariat comme le module HEC Entrepreneur qui accueille des Polytechniciens et je l'espère de vrais codeurs, et pas seulement des futurs patrons qui ne savent pas de quoi est faite la technologie.

Oui il faut former plus de développeurs car un informaticien est "employable" et si on veut former une part importante de la population il faut commencer tôt (par exemple en achetant des "Primo" basé sur Arduino pour chaque Ecole maternelle) car l'informatique demande une pensée logique et une capacité d'adaptation importante. Il ne faut pas non plus rêver que tout le monde peut devenir informaticien.
Cela reste un métier difficile ou l'on peut rapidement prendre du retard sur les autres et être à la traine. 

La proposition de Daniel Lafont-Trevisan, d'imposer un projet libre pour valider un cursur est intéressante, mais pas forcement évidente pour chaque développeur. Déjà si l'on encourageait l'Open Source, ça sera déjà intéressant et on pourrait autoriser la contribution Open Source comme validant des éléments de cursus.

La CNLL porte par ailleurs la Charte Libre Emploi (dont XWiki est signataire).

6. Visa de travail pour les développeurs venant en France

Entièrement d'accord. Notre pays est un pays très fermé sur l'immigration, alors que depuis longtemps la croissance économique est avant tout liée à la croissance démographique et à l'immigration. En voulant fermer le pays à l'immigration (ce que je ne soutiens pas de façon générale), nous le fermons tout particulièrement aux talents.
Chez XWiki, j'ai eu l'occasion de faire plusieurs demandes d'autorisation de travail pour des employés venus de Roumanie, mais aussi pour un Américain. J'ai eu peur qu'on me refuse l'autorisation pour ce dernier du fait qu'il avait pour seuls diplômes deux publication dans la presse sur son projet Open Source.
Finalement il ne sera pas étonnant que son autorisation est revenue en 15 jours alors qu'il aura fallu 3 mois et des coups de téléphone pour les autorisations de Master 2 venant de Roumanie.

Il faut rendre cela plus simple et encourager les échanges entre pays. La difficulté d'embaucher dans la technologie est mondiale avec des salaires qui sont poussés vers le haut. Beaucoup de jobs ne sont pas pourvus soit parce que les bonnes compétences ne sont pas disponibles, soit parce que les entreprises qui en auraient besoin ne peuvent pas suivre l'inflation des salaires.

Propositions manquantes

Le "small business act" n'est pas présent dans le rapport, tout en parlant de problème d'achat des grands groupes et d'achat public. Cela fait longtemps qu'on en parle. Quand vient il ?

Un dernier point que je ne vois pas du tout dans le rapport, c'est l'Europe. Il s'agit d'un rapport encore très franco-français et pourtant le problème est européen. L'eco-système européen est faible dans son ensemble. Il y a sûrement des choses à faire au niveau européens comme:

- des échanges pour présenter les startups de chaque pays, même si c'est difficile
- des mécanismes pour encourager la fusion de startups au niveau européens
- un statut de la startup européenne qui pourrait faciliter les embauches intra-européennes

Vous pouvez aussi aller voir le commentaire de Daniel Glazman qui propose d'en écrire un second. Pourquoi pas ! Tu veux un Wiki ?

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Created by Ludovic Dubost on 2014/03/30 19:28