Miguel Membrado nous parle du CPE, de la flexibilité, avec son experience de chef d'entreprise qui n'a pas pu restructurer son entreprise à cause de règles complexes.
Je suis tout à fait d'accord avec son analyse sur les deux mondes, celui des grandes entreprises et celui des PMEs.
Les grandes entreprises sont souvent impersonnelles. Certains employés sont considérés comme un capital humain, d'autre comme des "resources". Je dis bien souvent, car certaines grandes entreprises savent respecter leur capital humain et il n'est pas étonnant de voir que ce sont souvent les plus performantes.
Quoiqu'il en soit de plus en plus, avec la mondialisation, les systèmes d'informations et de business intelligence de plus en plus performant, certains employés sont considérés comme des machines. Et l'enteprise est prête à reconfigurer sont utilisation des ces "machines" à tout moment, et sûrement plus souvent si c'était plus facile.
Mais ça ce sont les grandes entreprises (et pas toutes, et pas pour tous les employés). J'avais trouvé il y a quelques temps une étude qui indiquait que pendant que les entreprises de plus de 200 salariés avaient fermé 800000 emplois, les entreprises de moins de 20 salariés avaient créés plus d'1,2 millions d'emplois.
Tout cela rejaillit sur l'image de l'entreprise et du patron. Mais les PMEs ce n'est pas du tout cela. Dans une petite entreprise, le capital humain est ce qu'il y a de plus importants. Il est absurde de penser que le patron pratique "l'employé jetable". Il n'est pas du tout efficace pour une entreprise de former des employés et ensuite de les virer ou les laisser partir. Il suffit de passer un peu de temps dans ces entreprises pour se rendre compte que si l'entreprise doit changer sa configuration c'est une choix cornélien pour le chef d'entreprise.
Il est vraiment temps de ce rendre compte de cela. Le CNE était justement une prise de conscience de ce que sont les petites entreprises. Peut-être le CNE à une limite trop basse sur la taille de l'entreprise. Le CPE est un peu différent puisqu'il est utilisable par toutes le entreprises mais uniquement pour employer des jeunes.
Le CPE introduit de la flexibilité supplémentaire, mais elle le fait pour toutes les tailles d'entreprises. Le risque est en effet que les grandes entreprises profites de l'occasion pour se faire un "matelas" d'employés dont on peut plus facilement se séparer pour se reconfigurer. L'objectif de donner plus d'emploi aux jeunes serait réalisé. Par contre les emplois seraient clairement précarisés, y compris des emplois qui auraient eu lieu de toute façon.
Une chose qui est vraie, quand une entreprise forme un employé, il peut arriver assez souvent que la periode d'essai ne suffise pas pour juger de la qualité de l'employé puisque celui-ci est encore en phase de formation quand la période d'essai se termine. La réelle valeur de l'employé va se révéler dans les 6 mois suivants. Clairement cela peut encourager les entreprises d'embaucher un jeune et de le former avec une periode d'essai de 1 an ou plus.
Mais peut-être serait-il judicieux de limiter le nombre de CPE en pourcentage du nombre de jeunes employés. Finalement si une entreprise est prêt à prendre 20 jeunes, elle en prendrait sûrement 10 sans le CPE. Donc plutôt que lui laisse la main libre pour faire des CPEs à tous, on pourrait mettre une limite à 50% ou 25% de CPEs pour la classe d'age concernée.
Les grandes entreprises ne pourraient pas ainsi abuser du système et les petites auraient accès au CNE (dont on pourrait augmenter un peu la limite de taille d'entreprise).
Sinon, je pense qu'il y a bien d'autres éléments qui sont stressant du point de vue du chef d'entreprise. La complexité de la législation avec les seuils du nombre d'employés. La complexité des formalités et du nombre d'organismes.
Clairement pour les entreprises de petites tailles et même jusqu'à 50 ou 100 personnes, ils faut drastiquement simplifier tout cela. Pas de calculs foireux pour les charges sociales. Je ne comprends pas par exemple la notion de charges sociales patronales et de charges sociales du salariés. En final une seule chose est intéressante:
- combien paye l'entreprise pour un travail donné
- combien reçoit l'employé en final
La différence est transmise à l'état qui peut s'occuper tout seul de la répartition entre les organismes sociaux, les impôts, les taxes quelconques.
Apparement il y a début de solution avec la déclarations unique d'embauche, le Chèque emploi TPE et avec le titre emploi entreprises occasionnels. Il y a encore des choses à améliorer mais on s'en rapproche.