Miguel Membrado nous parle de la liquidation de sa société Mayetic crée en 1996.

Mayetic était certes un concurrent dans notre marché avec une approche plus "classique" de la collaboration, la ou nous nous consacrons à proposer le Wiki et le Blog comme base de la collaboration online.

Mais il est triste de voir une liquidation d'une société de 10 ans. J'ai eu l'occasion de rencontrer Miguel Membrado plusieurs fois ces deux dernières années.

La première fois que je l'ai vu était lors d'une conférence de l'AFNet, ou il était venu parler du travail collaboratif et en particulier du télé-travail qui était généralisé chez Mayetic. Je me rappelle avoir pensé: "c'est vraiment super ce qu'ils font, vraiment dommage que ce soit basé sur du Lotus". 

J'ai eu l'occasion de parler à plusieurs conférences ou les thèmes du collaboratif et des blogs/wikis étaient abordés et Miguel présentait l'approche de Mayetic. Nous nous sommes aussi retrouvés par hasard à l'aéroport de San Francisco rentrant par le même avion en France. Nous avons eu l'occasion d'échanger sur les solutions collaboratives, les blogs, les wikis, l'Open Source et surtout sur la dure vie d'entrepreneur. J'ai rencontré quelqu'un d'ouvert et curieux, passionné comme moi par son métier. Avec les différents organisateurs de conférence qui avaient invité Miguel je n'ai jamais entendu parlé que de commentaires positifs sur Miguel et Mayetic (hormis le fait de ne pas avoir de blogs et de wikis dans leur offre !).

Cette affaire est délirante. Bien sûr Mayetic était sûrement fragile. Mais quelle entreprise d'informatique en France ne l'est pas, surtout à partir du moment ou l'on est dans une stratégie d'investissement. Quelle marge de manoeuvre ont réellement les entrepreneurs, sachant que les clients et investisseurs vous veulent "gros" avant d'acheter vos produits et d'investir dans votre société. A partir de la, l'article du Monde a clairement été une catastrophe pour Mayetic. J'ai eu connaissance de cet article grâce à Luis qui avait un filtre Google configuré sur Mayetic, et par respect vis à vis des fondateurs de Mayetic, je n'en ai pas parlé jusque la. Mais clairement un peu de recherche permet de voir qu'il n'y a vraiment pas grand chose de concret à reprocher à Mayetic, mais suffisament pour faire flipper n'importe quel client ou investisseur pour qui la décision de suivre une petite entreprise française n'est déjà pas facile et évidente. Pas besoin d'avoir le prix Nobel pour savoir qu'un créateur d'entreprise ne peut pas se permettre un grain de sable dans le fragile mécanisme de la création d'entreprise. Et la Mayetic, cela n'est pas un grain de sable, mais un rocher.

Les tactiques politiques sont par contre évidentes. Nous avons une personne (chef d'entreprise) en conflit avec un Maire qui à le bras long. Un bon procès même en ayant tort, une bonne diffamation et le mal est fait. Cela me fait penser aux procès pour brevets (nous en avions eu un aux USA). Il est bien inutile d'avoir raison quand il faut 500 000$ par an pour se défendre. Le cas de Bernard Tapie avait aussi montré que se frotter au monde politique en ayant une entreprise pouvait avoir quelques effets de bords non négligeables (ce n'est pas pour dire que Bernard Tapie n'a rien à se reprocher). Est-ce que le Maire en question est à l'origine de la diffamation ? Peut-être, peut-être pas. Quoiqu'il en soit, qu'est venu faire un rapport des RG (un vrai ou un faux ?) dans un article du Monde ?

Miguel Membrado sur son blog à une bonne remarque: "Mais en hommes libres, vivant dans une démocratie, nous estimons avoir le droit de défendre nos droits ! C'est ce qu'a fait Bruno de Beauregard il y a quelques années, quand spolié dans ses droits en tant que propriétaire d'une maison à Asnières, il a commencé à s’opposer à la mairie en créant une association de défense de quartier. Et c'est là que tous ses ennuis ont commencé, puis ceux de Mayetic."

Comme pour la présomption d'innocence dans certaines affaires bien connues, il semble que pour les chefs d'entreprises aussi cela ne soit pas du tout évident. 

Il reste à espérer pour Miguel Membrado et Bruno de Beauregard que la lumière sera faite sur cette affaire. Clairement des choses ne sont pas nettes (pourtant on aimerait que ce soit clair et net) dans le 92 (parlez en à Christophe Grébert de MonPuteaux) et si nous voulons vraiment vivre dans une démocratie, on ne doit pas permettre aux politiques aux bras longs d'utiliser leurs pouvoirs pour nuire à des citoyens et des entreprises privées, même si ceux-ci font valloir leurs droits. Si le maire d'Asnières est coupable de quelconques agissements en ce sens, j'espère bien qu'il ne restera pas Maire longtemps. Et si Nicolas Sarkozy (donc ce Maire est prétendu proche), futur candidat à la candidature pour la Présidence cautionne cela, cela ne laisse pas entrevoir de grands progrès pour l'ère post-chirac. 

Bonne chance à Miguel Membrado et Bruno de Beauregard pour faire valoir leurs droits et pour leurs aventures futures.

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Created by LudovicDubost on 2006/01/23 11:06